🔸 A. François Quesnay (1758) – Le Tableau économique
Avec son Tableau économique, François Quesnay — figure centrale de l’école physiocratique — propose le premier véritable modèle de circulation de la richesse dans une économie.
Il distingue trois classes sociales, chacune ayant une fonction spécifique dans le circuit :
- La classe productive : principalement les agriculteurs, seuls créateurs de richesse selon les physiocrates, car la terre est considérée comme la source de tout produit net.
- La classe propriétaire : les détenteurs du foncier, recevant la rente issue de la valeur créée dans l’agriculture.
- La classe stérile : artisans, commerçants et manufacturiers, qui transforment la richesse sans en produire de nouvelle.
Le modèle de Quesnay montre comment la richesse circule d’une classe à l’autre, assurant la reproduction du produit net d’une période à l’autre.
Il introduit ainsi deux idées majeures :
✔️ la nécessité d’un équilibre global entre les flux,
✔️ et la vision circulaire du fonctionnement économique, préfigurant les modèles contemporains.
🔸 B. John Maynard Keynes (1936) – Le circuit de la demande
Keynes renouvelle totalement la compréhension du circuit économique dans La Théorie générale.
Il montre que le cœur du fonctionnement macroéconomique repose sur une série de relations interdépendantes :
- La dépense des agents économiques crée le revenu des autres.
- La consommation dépend directement du revenu disponible.
- La demande globale — consommation + investissement — détermine le niveau de production et donc de l’emploi.
Dans ce cadre, si une partie du revenu est épargnée sans être transformée en investissement, la circulation s’interrompt :
➡️ la demande devient insuffisante,
➡️ la production ralentit,
➡️ le chômage apparaît.
Keynes démontre ainsi que les marchés peuvent rester durablement en déséquilibre et que l’État doit parfois intervenir pour relancer la demande (politiques budgétaires et monétaires).
🔸 C. Le modèle macroéconomique moderne
Les approches contemporaines prolongent les intuitions des classiques et de Keynes grâce à des outils statistiques et analytiques beaucoup plus développés.
Les modèles utilisés aujourd’hui par l’INSEE, la Banque de France ou l’OCDE s’appuient sur trois piliers :
- La comptabilité nationale : cadre méthodologique qui permet de mesurer la production, les revenus, la consommation, l’épargne et les flux internationaux.
- Les agrégats macroéconomiques :
- PIB, production globale de richesses,
- Revenu Disponible Brut (RDB), revenus des ménages,
- épargne, investissement, et autres grandeurs qui structurent le circuit.
- La double entrée emplois–ressources : tableau qui met en correspondance les ressources disponibles (production + importations) et leurs emplois (consommation, investissement, exportations), garantissant la cohérence d’ensemble du circuit économique.
Ces modèles permettent d’analyser :
✔️ la croissance,
✔️ l’inflation,
✔️ les déséquilibres (chômage, déficit extérieur),
✔️ les effets de la mondialisation,
✔️ l’impact des politiques économiques.
Ils constituent aujourd’hui le référentiel incontournable pour comprendre le fonctionnement global d’une économie moderne.